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FR

« Le rêve s’organise à nouveau. Il se rappelle avoir été un jardin à la française, cʹest‐à‐dire composé de motifs géométriques, symétriques et abstraits. Il est découpé sur une grande pièce de papier par Mathieu Adam : ce papier, tel le désordre de la nature, tel celui de nos songes, aussi, doit être maîtrisé avec rigueur dans chacune de ses découpes millimétrées. Nous symbolisons ainsi notre domination sur le chaos.

Mathieu Adam parle d’ailleurs d’œuvre « scalpée », et bien qu’il s’agisse simplement d’une indication technique, la découpe étant pratiquée au scalpel, nous ne pouvons nous empêcher de penser à la scalpation, cette pratique amérindienne consistant à trancher le cuir chevelu de l’adversaire pour attester de sa puissance. Il pourrait s’agir, pour le jardin endormi, d’empêcher la mauvaise herbe d’atteindre le paradis (appelé, chez les amérindiens, la « Prairie éternelle »), il faut pour cela soigner l’apparat de ses arabesques en taillant dans les sombres recoins de ses désirs... »

Hannibal Volkoff

 

 

Ce qui me plait dans cette série, c'est l'idée de "rendre vie" à la feuille papier, repartir dans le sens inverse où d'un arbre nait une feuille. Le papier, avec sa fragilité, sa souplesse, sa porosité,... se transforme en végétal, de plat il devient relief. J'aime aussi cette idée de laisser vivre la feuille, qui va s'enrouler sur elle-même, se laisser tomber, se redresser, (un peu comme le ferait un arbre), en fonction de l’atmosphère (humidité, sécheresse) de l'endroit où elle se trouve.

Comme dans beaucoup de mes recherches, ces pièces sont aussi un travail sur le blanc, la transparence et les ombres, qui vont évoluer au fil de la journée et des jeux de lumière qui vont venir s'accrocher au papier.

EN

What I like about this series is the idea of giving a second life to the raw material of paper, going back in time, to when a tree became a sheet. Paper, with its fragility, its suppleness, its porosity… transforms itself into a vegetable, and from its plain flat form, it once again becomes a relief. I also like this idea of allowing these “paper leaves” to live and move. They might wind and coil up on themselves. They might fall or straighten up, a bit like a tree would do, depending on the atmosphere - the humidity or moisture levels - of its environment. As with much of my work, this piece is also about the white color and the conversation between transparency and shadows, which will evolve over the course of the day and how this changing light chooses to cling on to a sheet of paper.

Mathieu Adam, artiste contemporain

www.mathieuadam.com

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